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Blue Spring

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les avis de Cinemasie

7 critiques: 3.57/5

vos avis

38 critiques: 3.78/5



Marc G. 5 Un chef d’œuvre pur et simple
Ordell Robbie 3.5 Heureux glandeurs.
Tanuki 2 Plutôt d'accord avec la critique d'Iron
Yann K 3.75 I know, it’s only rockn’roll
Sonatine 4.5 Intense
El Topo 2.25 Sombre printemps...
VincentP 4
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Heureux glandeurs.

Blue Spring est moins fort que le manga de MATSUMOTO Taiyou dont il est tiré, assez brouillon formellement, inégal côté direction d'acteurs mais finalement... peu importe. TOYODA ressemble à ces musiciens qui n'ont pas pris trente mille leçons de guitare et pondent un bon single avec seulement trois accords... mais les bons. Il n'a pas la technique mais il a un ton, un ton qui est là dans les moments réussis comme dans les moments ratés et qui est juste par rapport à son sujet (l'adolescence). Il sait bricoler quelques moments de grâce avec les trucs en apparence le plus éculés au cinéma: la combinaison du ralenti et du rock, les ados qui roulent des mécaniques comme des Dieux clope au bec. Et il y arrive sans chercher la grande mise en scène, la grande vision de l'adolescence, simplement en étant à hauteur de son sujet. Un signe ne trompe pas: chez TOYODA, on glande, cette activité adolescente par excellence. Preuve qu'il vise juste.

18 avril 2005
par Ordell Robbie




Plutôt d'accord avec la critique d'Iron

En plus ça n'apporte pas grand chose au manga de Matsumoto qui déjà ne m'avait pas apporté grand chose. Vide émotionnel, attachement aux personnages proche du néant, satisfaction visuelle insatisfaisante et après 3 mois quasiment plus aucun souvenir.



26 juin 2004
par Tanuki




I know, it’s only rockn’roll

Une « photo moche », Blue Spring? Allons : s’il y a bien une différence entre ce film et une pelletée d’autres sur l’adolescence et donc, ses jeux de toits, c’est bien la photo. Comme Grains de Sable ou Insecte nuisible cette image soignée, sans être trop léchée, tient en peu de choses, que les occidentaux ne veulent pas, ou ne savent pas, ou plus, faire. Suicide Club était certes plus fou, plus "glam". Mais quand même, là, il faut reconnaitre le style. Il y a déjà un grand choix de décor, ce lycée masif, décrépi et de plus en plus graffité. Même les ralentis poseurs, les acteurs lookés, fonctionnent puisque « se la jouer », c’est aussi le propos.

Mais la vertu suprème de ce film, ce que n’a pas Kitano (qu’on est pas obligé de vénérer), c’est assurément la concision, une heure vingt. Toyoda Toshiaki fait tout à l'économie. Une poignée d'acteurs, « le » cours, « le » professeur, « le » directeur. Tout y est symbolique sans être lesté de message. Blue Spring, ce n'est qu’une histoire d'échappée : Kujo change imperceptiblement sans qu’on s’en aperçoive et quand il a choisi sa voie, c’est aux autres qu’il échappe. Ce qui nous échappe, aussi, c’est « la » fille, la seule, même pas belle, qui apparait à la porte du lycée pour quelques secondes. De beaux moments de doute, donc, intercalés entre, des séquences violentes sèches et glacées, souvent hors champ.

Et, alors que le film semble à peine démarré, il se termine en deux minutes, sur un des passages les plus inspiré que le cinéma japonais nous a offert ces derniers temps. Est-ce grâce à cette chanson tendue, âpre, craché par un groupe qui semble s’autodétruire à chaque note ? Est-ce ce poignant souvenir de l’amitié, qui resurgit tout d’un coup dans la tête de Kujo, maintenant qu’elle se met à fonctionner ? L’amitié a au Japon un sens sacré, comme la seule chose à quoi se raccrocher, à la vie à la mort. On retrouve quasiment le même plan que dans Battle Royale 2, avec un même effet troublant : deux gamins qui partent vers une lumière aveuglante, déjà la mort, comme si ne sera vécu entre les deux. Revenons à cette fin hypnotique : est-ce le suspens de la montée des marches, ou ce cri de rage en tombant parce qu’on ne va jamais assez vite pour sauver les autres, la répétition d’un beau plan ralenti, cet incroyable avion qui passe à quelques mêtres de Aoki ? Non, c’est peut être parce qu’une séquence choc, ça se prépare. C’est le plan juste avant, l’école soudainement en noir, image fantasmée sidérante, quelques secondes hors du temps ou le monde est enfin ce que Aoki voulait : figé dans la peur, le silence, enfin. A moins que ce soit Kujo qui peint soudainement tout en noir, la dernière image qui lui restera de ce bâtiment. Et une telle séquence, il faut savoir la conclure. Ce sera en un plan, d'apparence simple, mais très complexe dans la symbolique du film. Blue Spring nous quitte à la japonaise moderne, dans une débauche sentimentaliste et poseuse, avec un jeu sur les extrèmes que l’on peut haïr, mais au moins c’est crânement assumé et magnifiquement emballé, sur un air « ouais, je sais, c’est facile, mais je t’emmerde », qui nous séduit plus que des bons films bien mous.

Cette posture, ça a quand même un nom : rock. Comme un bon morceau «direct in the face», Blue Spring n’aurait pas été bon s’il s’était étalé. Tel quel, tendu, minimaliste, au bord de l'autisme, parfois naïf ou idiot (le nain avec ses fleurs, beurk), lesté de ses références, complêment ado, oui, peut être périmé demain, d'ailleurs oublié maintenant, il passe comme les deux minutes de tube mineur du dernier groupe de petits branleurs énervants. Un truc de mecs qu’on écoute en se disant, ouah, c’est con, mais un riff très fort, un bastonneur derrière et de la belle gueule devant, ça le fera toujours.



17 avril 2004
par Yann K




Sombre printemps...

Faut il juger un film à l’aune de ses références ?

D’aucuns s’empresseront de répondre lapidairement à l’affirmative, ne serait-ce que pour mieux vilipender le dernier Tarantino. Pourtant, on ne niera pas qu’il n’est pas nécessaire de transcender ses modèles pour créer une œuvre de qualité. Difficile de trancher donc, et la question reste en suspens. Néanmoins, force est de constater qu’un film tel qu’Aoi Haru : Blue Spring souffre à l’évidence de la grandeur des œuvres auxquelles il renvoie de manière patente. De La Fureur de Vivre à Battle Royale, les références obvies de Toyoda Toshiaki écrasent le film de leurs ombres imposantes.

S’attaquant à un sujet déjà traité plus que de mesure, Toyoda devait savoir qu’en pareilles circonstances, c’est la singularité qui prime le plus souvent. Malheureusement, on ne peut que constater que d’originalité et de qualités de novation, Blue Spring n’a que les ambitions. Le film reprend à son compte bon nombre de poncifs du « teen-movie alternatif » (l’extrême violence des échanges, le « jeu » sur le toit, l’insouciance perdue d’ados victimes e leurs propres déséquilibres…) mais ne parvient pas à créer un amalgame un tant soit peu intéressant et finit par ne plus ressembler qu’à une ensemble incertain duquel n’émergent que les défauts. Ainsi, et ce même si le film a aussi des qualités, on finit par ne plus voir que la provocation gratuite et stupide (la violence outrée, les scènes dans les toilettes…), les insipides effets clippeux qui gangrènent le filmage, la laideur de la photographie, l’interprétation très limitée de la plupart des acteurs… Et l’évidence d’éclater aux yeux du spectateur : Toyoda Toshiaki n’est ni Nicholas Ray, ni Fukasaku Kinji, pas plus que Matsuda Ryuhei (bien que relevant le niveau par rapport à ses partenaires) n’a l’once du talent d’un James Dean.

Pourtant, Blue Spring n’a rien d’un complet échec, loin s’en faut. Ça et là, on décèle sans mal au détour d’un plan ou d’un autre le témoignage fugace d’un réel talent de mise en scène. Et certaines images et quelques beaux moments, accompagnés avec fureur par l’excellent score de Thee Michelle Gun Elephant laissent à penser que délivrée de ses scories, cette adaptation de l’excellent manga de Matsumoto Tayio aurait pu donner lieu à un bon petit film d’adolescence perturbée, pour peu que Toyoda ait su faire preuve d’un soupçon d’authenticité et de personnalité. Un beau gâchis donc…



15 mars 2004
par El Topo


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